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Dans les bois éternels

___ Dans les bois éternels
de Fred Vargas

Deux cadavres sont découvert près d'un marché très observé par la brigade des stupéfiants. Pour eux, affaire de drogue. Mais le commissaire Adamsberg a une intuition qui lui souffle qu'il y a autre chose derrière, que certains détails clochent. Détails vite confirmés par le médecin légiste. Toute la brigade criminelle se lance alors à la recherche de ce qui a pu être la cause de la mort de ces deux grands baraqués. Petit à petit, le fil se dénoue, la piste est remontée. Ce n'est plus alors deux crimes, mais quatre. Et probablement d'autres à venir.
De Paris à la Normandie en faisant un crochet par le Béarn, l'intrigue se remplit alors de chats, de bouquetins, de cerfs, de groins de porc [ au passage, vous saviez qu'il y avait un os dans le groin de porc ? o_O ] et nous montre un visage de la société française, de la bande de Normands rustiques plus touchés par la mort d'un cerf que par un quadruple-assassinat, du vieillard superstitieux qui voit des fantômes partout, des béarnais paranoïaques qui en veulent sans cesse à la vallée d'à côté, du prêtre qui a perdu sa vocation...

Fred Vargas dresse ici une enquête policière qui, bien que difficile à accrocher au départ, se trouve être très prenante, absolument palpitante. On finit happé, on dresse des hypothèses, on tente de comprendre ce puzzle gigantesque qui se dresse, monstrueusement grand et insolite, où se côtoient castration de chat, vol de reliques, profanation de sépulture et recette de breuvage maudit du Moyen-Âge. C'est un véritable mystère, des plus tordus.
La fin est frappante, des plus inattendues : ce roman policier est une réussite.

Note : 8/10
Genre : policier
A partir de quel âge :  14 ans
Pour qui : les amateurs de policier, les personnes qui aiment regarder les émissions sur TF1 de type "Faites entrer l'accusé" mais qui déplorent leur faiblesse intellectuelle, les lecteurs qui apprécient les intrigues d'Agatha Christie mais qui butent sur l'écriture un brin trop ancienne.
Collection : Chemins nocturnes, chez Viviane Hamy

Saga

___ Saga
de Tonino Benacquista

Louis, un homme âgé qui vit dans sa carrière passée avec le Maestro, et qui n'a plus rien fait de qualité depuis un bail. Mathilde, une auteur de romans à l'eau de rose de très très très bas étages, qui a foiré sa vie sentimentale. Jérôme, un jeune scénariste qui rêve d'Hollywood, dont on a volé une idée grandiose qui aurait pu lui rapporter quatre millions de dollars. Et Marco, le novice qui est prêt à tout pour écrire une série télé, même si c'est mal payé.
Nos quatre ratés sont un jour réunis dans la même pièce pour une offre de travail. Aucune idée de ce que cela va être, jusqu'à ce que le directeur de la chaîne leur annonce avec simplicité qu'ils doivent écrire une sitcom qui passera quotidiennmenent, durant cinquante-cinq minutes, entre 3 et 4h du matin. Avec pas plus de dix personnages au total. Six au maximum par épisode. Quatre décors, aucun tournage à l'extérieur. Juste pour éviter d'avoir des problèmes à cause des quotas de production française de la chaîne, qui, jusque alors, n'y collaient pas vraiment. A part toutes ces contraintes : carte blanche. Qu'ils fassent n'importe quoi.
Et c'est ce qu'ils font. D'un scénario basique, ils tirent sur des cordes que l'on ne soupçonnait pas, pour faire une série - Saga - d'une qualité à faire pâlir de jalousie Poubelle la vie, avec son lot de disparus, de suicidaires, d'admirateurs anonymes, de terroristes, de créatures humanoïdes à poil enfermées dans une pièce sombre, dans une incohérence et une folie à mourir de rire.
Mais, malgré ces acteurs amateurs, ce scénario abracadabrant et un horaire impossible, l'émission devient populaire, commence à prendre une place de plus en plus importante dans la société, à la grande surprise de tous.

De 1988 à 1990, la chaîne La Cinq, pour remplir les quotas de production francophone imposés par l'état français, créa une sitcom au budget ridicule, d'une débilité et d'un amateurisme navrants : Voisin, voisine. Cette série, diffusée durant la nuit, a fait un flop total.
Voilà le fait divers dont s'inspire ici Tonino Benacquista pour son livre, Saga. L'auteur dresse une critique du monde de la télévision, prêt à tout pour gagner un maximum, perdre un minimum, ainsi qu'une description de la vie des scénaristes. Ces hommes sont à l'origine de tout et devraient être les maîtres de la série, mais, comme nous le prouve Benacquista, il n'en est rien. Et ils se prennent tout dans la gueule quand ça dérape.
Mais cette critique est faite sur un ton assez comique. La partie sur la rédaction du scénario, notamment, est mythique pour les rires qu'elle provoque. Le n'importe quoi des quatre protagonistes poussé à l'extrême donne une histoire totalement stone, remplie de phrases cultes ["J'ai toujours rêvé de connaître l'odeur d'un homme mêlée à de la vanille"], notamment grâce à un concept très particulier inventé par les scénaristes : le quart d'heures de sincérité. Mais shhh, je n'en dis pas plus là-dessus.
Mais ce scénario totalement délirant ne semble pas tiré uniquement de l'imaginaire des quatre ratés qu'ils le crée. La réalité se mêle à la fiction ; la fiction se mêle à la réalité. Tout se mélange, se mélange, se mélange sans arrêt.
Saga est une petite perle, dont le début et la fin peuvent être difficiles d'accès pour certains, mais qui vaut clairement le coup. Mythique.

Note : 9/10
Genre : mélange de drame et d'humour
A partir de quel âge :  14 ans
Pour qui : des lecteurs qui ont envie de rire, mais aussi de réfléchir, des amateurs de délire. Les anti-Poubelle la vie, aussi.
Collection : chez nrf et Folio, de Gallimard


L'homme qui m'aimait tout bas

___ L'homme qui m'aimait tout bas
d'Eric Fottorino

"La sieste le ramenait à la Tunisie de son enfance, à la torpeur des après-midi brûlants avant qu'à la fraiche il chausse ses crampons pour jouer avec ses copains de la patriote de Sousse. Arrière, défenseur, muraille. Pas une balle ne passait. Cette fois, il a marqué contre son camp."

 
Le 11 mars 2008, Michel Fottorino s'est suicidé d'une balle dans la bouche. C'est ainsi que commence ce livre, écrit par son fils adoptif, Eric. Eric qui n'était, avant de rencontrer cet homme, que le gosse né trop tôt d'une fille célibataire, devenue mère bien avant d'être prête. Eric qui devint, lorsque Michel épousa sa mère, un garçon soutenu et aimé. Depuis l'adoption de l'un jusqu'à la mort de l'autre, une véritable relation de père et de fils s'est crée, remplie d'amour, entre les deux personnes.
C'est pourquoi Eric, en pleine période de deuil, rédige ce livre-hommage, éloge tendre et sincère à un homme merveilleux, miraculeux, plein de bonté. Et il retrace son parcours, de l'enfance en Tunisie à sa profession de kinésithérapeute en France, ainsi que les raisons potentielles de son suicide, tente de comprendre ce qui a amené une personne heureuse à se tirer une balle de fusil dans la tête. Par la même occasion, il sort de son désespoir en nous confiant ses sensations, ses sentiments.

Ce livre, comme vous ne le pensez pas, n'est pas profondément triste. Une atmosphère nostalgique baigne dans toutes les pages, mais avec une douceur permanente, agréable et belle. Eric Fottorino arrive à créer, à partir d'un thème qui peut sembler lourd et pesant, un récit vivant, croustillant, avec une main de maître. Son écriture très poétique et littéraire nous emporte. Autant vous prévenir dès maintenant : il ne se passe pratiquement pas grand chose de tout le livre. Aucun rebondissement, aucune séquence d'action haletante, aucun suspense terrifiant. Tout se déroule lentement. Le puzzle se met en place lentement, pièce par pièce.
Cependant, ce n'est pas ennuyeux : la beauté de l'écriture est par moments à pleurer. Et le réalisme des sentiments nous touche profondément. De plus, ce livre a des vertus calmantes remarquables, sans doute grâce à la magie des mots que déploie l'auteur : vous pouvez entrer dans ce livre, énervé, excité par le monde extérieur, pour en ressortir au bout d'une dizaine de pages, entièrement serein.
Un prix des lectrices de Elle 2010 bien mérité pour ce livre.

Note : 8/10
Genre : autobiographie
A partir de quel âge : 15 ans
Pour qui : Des lecteurs qui recherchent quelque chose de calme. Des mordus de belle écriture. Surtout pas des amateurs d'action.
Collection : chez nrf, de Gallimard

 
 
What is the legal drinking age where you live? Do you think it should be higher, lower, or remain the same, and why?

I'm from France, where there is no legal drinking age. But you need to be more than 18 to buy alcohol.
Even if there are lots of problems of drunk teenagers, I don't think that we should have a higher legal age, because it would cause problem with the French way of like: there is "soft" alcohol in food sometimes, wine is very important... It is not possible in France to restrict more. Buut the young people should be more informed about drinking problems and the consequences of alcohol on our health.

Mots-clés:

Les Carcérales

___ Les Carcérales
de Magali Wiéner

Souffrance. Solitude. Impuissance. Incompréhension. Quatre mots féminins. Quatre choses que Rodrigues Charpes, un jeune adolescent en fin de Seconde, va vivre au quotidien. Durant plus d'un an. Un an d'enfer. Avec ces quatre mots féminins : les Carcérales.

C'est le 21 juin que tout commence. Rodrigues est un garçon normal issu d'un milieu moyen. Ce n'est pas un bourgeois ni une racaille. Ce n'est pas un génie ni un cancre. Un garçon comme les autres, passionné de natation. Tout le monde le dit gentil, doux, de confiance. Pas quelqu'un de violent. Dans quelques semaines, il part à Zanzibar retrouver son père où il pourra vivre avec les tortues géantes de mer et nager durant des heures, sans limite, sans contrainte. Mais pour l'instant, il est à Paris. Il aide un groupe de musique rencontré récemment grâce à des amis, lors de la Fête de la Musique, pour l'installation et la désinstallation du matériel. Et il en profite pour traîner avec la chanteuse, Aurélie. Belle plante, sensuelle, dont il est follement amoureux. Le reste de la soirée se déroule en beauté, comme dans les films romantiques : rien qu'eux deux, dans un square, vers trois heures du matin. Un peu éméchés. Complices. La nuit tient ses promesses. Ils font l'amour. Il est fou d'amour. Deux jours après, Rodrigues n'a plus aucune nouvelle d'Aurélie. Il lui envoie des SMS, essaie de l'appeler. Rien. La police vient à sa porte. Vérifie son identité. L'arrête.
Aurélie a porté plainte à la police pour viol.

Magali Wiéner nous embarque dans une histoire sombre, très bien ficelée, sur la justice et les procédures judiciaires. C'est avec une précision et une rigueur incroyables qu'elle nous fait découvrir les étapes de la descente aux enfers. Mais si ce n'était que ça, le livre n'aurait aucun intérêt. Le truc vraiment dingue dans ce qu'elle nous a écrit, c'est la façon dont elle l'a écrit. Un style superbe, fluide, beau, poétique, magnifique. Il nous emballe dès les deux premières pages et nous emmène jusqu'au bout de l'histoire. Il suscite de nombreuses émotions, nous émeut à maintes reprises. Magali Wiéner tisse les mots avec majesté pour nous montrer le tissu de sentiments qui étouffent Rodrigues, de l'arrestation jusqu'au jugement final, en passant par ses 401 jours en prison : souffrance, solitude, impuissance, incompréhension. Lui qui aspirait à la liberté qu'offre la natation est aspiré par la captivité qu'impose le système pénitencier.
Il n'y a pas de grand rebondissement dans cette histoire. C'est comme une tragédie grecque : une fois que le destin est noué, il n'y a plus qu'à attendre que le noeud se défasse, en faisant tomber les têtes qui vont avec. Non. Ce qui fait la richesse de ce roman, c'est la force des sentiments de chacun. On croise sans arrêt de nouvelles personnes, de nouveaux visages qui agissent tous différemment, qui considèrent les choses d'un point de vue différent. Durant les treize mois d'enfer -un nombre qui attire le malheur- que va vivre Rodrigues, il va en rencontrer, des gens. Ludivine la Vipérine, l'adolescente toxico qui échappe sans arrêt au tribunal. Gosset, le policier qui fait ami-ami puis qui retourne tout contre toi. Lucy Takakiro, l'avocate qui lutte durant des jours pour ta liberté. Azziz, l'arabe raciste, faiseur de loi dans la prison, qui déclare être fier d'être un braqueur [ "Comme mon frère, comme mon cousin. Tu vois, c'est une affaire de famille"]. Wall, le grand noir vengeur, au cœur gigantesque -tous comme ses muscles-, emprisonné pour "s'être fait un Blanc qui voulait se faire un Noir". Tous des êtres qui peuvent sembler plus ou moins creux en apparence. Tous des êtres humains, qui ont des sentiments, des souffrances, des peines.
Un livre vraiment étonnant, vraiment perturbant. Vraiment beau. Pour une fois, on est plongé non pas dans la tête de la victime mais dans celle de l'agresseur, lui-même une victime.

Note : 8,5/10
Genre : drame
A partir de quel âge : 15 ans
Pour qui : Des personnes qui sont prêtes à tenir 300 pages très noires tant que c'est 300 pages d'une grande beauté. Ça vaut le coup, franchement. Des jeunes qui s'intéressent au monde de la justice. Des personnes qui aiment des films tels que Douze hommes en colère.
Collection : chez Milan Macadam, de Milan
L'acheter : sur Amazon

La couleur de la peur

___ La couleur de la peur
de Malorie Blackman

Kyle n'avait pas eu une vie très agréable, jusque là. Du moins, c'est ce que les quelques lignes au sujet de sa vie nous suggèrent, durant les premières pages. Nous n'avons pas le temps d'aller plus loin : un accident de train, lors d'une sortie scolaire, monopolise très vite notre attention. Les passagers sont tous évanouis ou dans un état de choc profond, blessés, dans un sale état. Seul Kyle et une autre adolescente, Rachel, sont conscients de ce qui se passe. Mais ce roman n'est pas centré sur la survie des deux personnages ; du moins, pas de façon directe. Le train, en fait, on n'y passe qu'environ la moitié du livre. L'autre moitié ? Dans le monde des rêves. Ou plutôt des cauchemars. En effet, Kyle, durant l'accident, se découvre un don. Un don terrible. Une calamité : il est capable de voir les pires cauchemars de ceux qui l'entourent.
Mais il y a pire encore : la Mort rôde dans le train.

C'est un roman à la structure originale que nous propose ici Malorie Blackman, auteure célèbre pour sa tétralogie sur l'apartheid présentée précédemment dans le blog. Elle alterne les chapitres d'une histoire linéaire avec des nouvelles, plus ou moins angoissantes. Dans cette rhapsode, attendez vous à croiser les habituels monstres et autres créatures à fanfreluches qui peuplent les cauchemars, mais aussi des rêves sans forcément qu'il y ai de créature bizarre, avec cependant une boule terrible qui se forme dans votre estomac. Du diable basique à la douleur du fils renié par son père, de la Méduse à la femme finissant par tuer ses petits-enfants. On assiste à différents cauchemars, créés par l'inconscient de différentes personnes, sur différents sujets, à différentes intensités. Le lecteur, avec Kyle, vient alors à se poser une question terrible : quelle est la frontière entre délire et réalité ? Certains de ces visions d'horreur ont peut-être une valeur prémonitoire. D'autres sont peut-être fondé sur des faits réels. Comment savoir ?
En parallèle, nous suivons la fuite de Kyle, poursuivi par la Mort et aidé par Rachel. Il se cache alors dans les cauchemars précédemment décrits. Il en apprend un peu plus sur ses camarades durant ce périple. Mais surtout, il en apprend sur lui-même. Le passé de l'adolescent nous est dévoilé, pièce par pièce.
Malorie Blackman nous tient en haleine durant tout le livre, toujours avec une écriture très fluide, agréable et moderne. A partir du moment où l'on entre dans la farandole des cauchemars, on a beaucoup de mal à décrocher, malgré des nouvelles un peu inégales et un fil conducteur trop secondaire.

Note : 7,5/10
Genre : fantastique
A partir de quel âge : 14 ans
Pour qui : Des jeunes qui veulent éprouver des sensations de peur "soft" et profondes doublée d'une histoire émouvante sur le deuil, l'amour parent-enfant.
Collection : chez Milan Macadam, de Milan
L'acheter : sur Amazon

___ La tétralogie Noughts and Crosses [Pas de titre français désignant toute la série, désolée, mais vous trouverez facilement ces livres néanmoins]
de Malorie Blackman

Nihils et Primas se haïssent. Les Nihils sont blancs, ne valent rien, sont pauvres et cantonnés aux milieux pauvres. Les Primas sont noirs, dirigent, sont riches et sont promis à de brillants avenirs. Ces deux ethnies cohabitent avec beaucoup de difficultés. En effet, le gouvernement Hadley, réputé pour sa rigidité et sa haine pour les Nihils, et la Milice de Libération, un mouvement terroriste prônant l'égalité entre Nihils et Primas, se déchirent.
Dans ce chaos et ce monde de haine, deux personnes, pourtant, s'aiment plus que tout au monde. Callum McGrégor, Nihil, fils et frère de deux membres très importants de la Milice ; Perséphone Hadley, alias Sephy, fille de Kamal Hadley, chef de l'opposition. Un amour impossible, agressé, torturé, traîné dans la boue, mais toujours existant.

Une série de livres bouleversante. Dans une situation d'apartheid inversé, Malorie Blackman nous raconte l'histoire des deux familles Hadley et McGrégor, leurs liens, leurs tensions, avec une profondeur et un réalisme stupéfiant. On assiste à l'évolution dans le temps des personnages, leur bonheur, leur chute, à travers une narration à plusieurs voix. On alterne sans cesse d'un point de vue à l'autre, souvent très opposés, ce qui nous permet de comprendre tout le nœud du problème à travers toutes ses épaisseurs, mais aussi qui nous plonge dans une situation délicate. Une situation où l'on se pose régulièrement la même question : qui a raison dans sa façon d'agir ?
On est transporté par la force des sentiments qu'éprouvent les personnages, follement attachants. Notre coeur se serre quand ils souffrent. Notre coeur explose de joie quand ils éclatent de bonheur. On les voit grandir, on les comprend. Mais, contrairement à eux, on a toutes les clés de l'histoire en main : les actions des autres personnages, leurs volontés, leurs états d'esprits nous sont dévoilés. On sent alors ce qui va se passer, inexorablement. On aimerait pouvoir leur hurler d'agir différemment. Puis on subit, à la façon du personnage-victime. Avec grâce et beauté. De quoi devenir masochiste.
Malorie Blackman est une véritable magicienne.

Tomes :
_ 1 - Entre chiens et loups
_ 2 - La couleur de la haine
_ 3 - Le choix d'aimer
"Spin-off" Le retour de l'aube

Chacun des trois premiers tomes porte sur un thème très fort. L'amour pour le premier, la haine pour le second et l'espoir pour le troisième. De vraies perles. Par contre, Le retour de l'aube est un peu plus banal. Je ne sais pas si on peut vraiment le considérer comme un tome de la série. On retrouve des personnages, il se trouve à la suite du Choix d'aimer. Seulement, l'intrigue tourne autour de la drogue et non de l'apartheid. De plus, il est moins bon que le reste. Néanmoins, c'est un livre très sympa et de bonne qualité.

Note : 9/10 [parce que Le retour de l'aube est un peu moyen par rapport au reste]
Genre : drame
A partir de quel âge : 13 ans
Pour qui : Des adolescents qui cherchent un livre beau et émouvant, avec une histoire d'amour ainsi qu'une réflexion sur l'égalité des hommes, qui ne laisse vraiment pas indemne.
Collection : chez Milan Macadam, de Milan
L'acheter : sur Amazon

JUDE MCGREGOR JE T'AIME

Les Revenants

___Les Revenants
de Jean Molla

Quentin et Nicolas Daurevilly sont deux frères, qui s'apprécient beaucoup. Mais Nicolas, le génie, le surdoué, écrase Quentin, le rêveur. A la mort de leur peur, la tension monte dans la famille : tandis que Quentin se rapproche de sa mère, Nicolas souffre en silence et s'isole.
Quelques mois après, leur mère décide de les emmener avec elle passer l'été dans un château appartenant à un cousin, dans le sud de la France. Très vite, des évènements étranges se déroulent dans l'environnement de Quentin, qui se met à avoir des hallucinations : l'adorable vieille dame qui habite à côté se met à avoir deux têtes sans que personne d'autre ne s'en rende compte, il voit un homme enfoncer une bague dans un arbre, il a des sentiments de déjà-vu dans la bibliothèque mystérieuse du château... Mais surtout, dans la cave, il découvre avec son frère une étrange stèle dans le sol, entourée de symboles étranges. Une stèle où un visage effrayant est gravé. Une stèle où, lorsque Nicolas laisse tomber de son sang par accident, il n'y a plus aucune tâche la seconde d'après...
Les deux garçons sont alors entraînés petit à petit, pas par pas, dans une histoire mystérieuse, mêlée à un démon surpuissant et à un sorcier du Moyen-Age. Possessions, réincarnations, démons, malédictions, sacrifices rime en -on [sbaf] commencent à joncher leur parcours, pour finir par les entraîner dans une histoire sombre qui les opposera, à travers la Terre et jusqu'à des mondes parallèles.
Une très belle histoire fantastique rédigée d'une écriture fluide par Jean Molla, de très bonne qualité. L'auteur nous plonge progressivement dans une ambiance fantastique de plus en plus forte, au fil des quatre livres qui composent la série. On commence en douceur, pour finir totalement immergé ailleurs. On reste suspendu aux pages, dont l'action bien rythmée nous tient tout le long de l'histoire, qui nous entraîne à la suite de démons, de monstres, de vampires, de lycans, trois étranges femmes qui se font appeler Passeuses et de pièces d'une statue maudite venue des temps anciens.

J'ai vraiment adoré ce livre. A tel point que je pleurais durant les dernières pages, non pas parce que la fin était triste, mais parce que j'avais dû mal à croire que c'était fini. C'est vous dire à quel point j'ai aimé.

Note : 9/10
Genre : fantastique
A partir de quel âge : 12 ans
Pour qui : Des jeunes qui cherchent une histoire fantastique de qualité, à l'intrigue bien ficelée, avec des personnages terriblement attachants.
Collection : chez Rageot
L'acheter : sur Amazon
 

Tomes :
_ 1 - Le Sort d'Eternité
_ 2 - La Tentation de l'Ombre
_ 3 - Le Puits des Ames perdues
_ 4 - Le Parfum du Ruban Vert

Une chaussette dans la tête

___ Une chaussette dans la tête
de Susan Vaught

Jersey Hatch sort d'un an de rééducation intensive, après avoir reçu une balle dans la tête. Terrible balle qui lui a fait perdre la mémoire de toute l'année précédente de sa vie et qui a salement amoché son cerveau. L'adolescent qui n'est plus qu'un "génie de cinq ans" doit alors faire face à toutes les difficultés engendrées par son retour à la maison et au lycée. Pourquoi sa mère agit-elle ainsi ? Pourquoi son père ne fait plus ça ? Pourquoi il y a un changement là ? Des petits détails... Mais aussi des terribles. Pourquoi son meilleur ami le déteste ? Pourquoi aucun de ses anciens amis ne veut de lui ? Qui était Elana ? Et surtout : pourquoi a-t-il reçu une balle dans la tête ? Très vite, la thèse du suicide semble se confirmer. Mais pourquoi ? Pourquoi aurait-il décidé de se suicider ?

Dans ce livre, Susan Vaught nous livre toutes les interrogations de Jersey, sa quête de réponses, ses doutes, ses peurs, ses difficultés, avec un réalisme impressionnant et criant de vérité. Le lecteur est plongé dans la tête bousillée de ce jeune, souffre quand il souffre, exulte de joie quand il exulte de joie, a envie de se tuer quand il a envie de se tuer. Comme Jersey, on veut comprendre ce qui s'est déroulé l'année d'avant son suicide, on tâtonne, on essaie de se refuser la vérité... Un chef d'œuvre bouleversant sur les causes du suicide, moins terribles que l'on croit, mais aussi, et surtout, sur les conséquences gravissimes que cela engendre sur l'entourage et auxquelles on ne pense pas forcément : déchirement familial, incompréhension totale, traumatismes...

Note : 10/10
Genre : drame
A partir de quel âge : 14 ans
Pour qui : Des adolescents qui cherchent un livre beau et émouvant, qui ne laisse vraiment pas indemne. Évitez si vous n'avez pas beaucoup de tripes.
Collection : chez Milan Macadam, de Milan
L'acheter : sur Amazon


 

~ Introduction ~

C'est mon énième blog. Mais celui-là, je compte bien le faire durer plus longtemps que les précédents. Ce ne sera pas dur vu que la durée de vie maximale des précédents fut de deux mois.

Moi, c'est Diane. On m'appelle aussi Mooney.
Je suis une fille [quelle surprise !] de quatorze ans, mordue d'art. Sous beaucoup de formes. Littérature, peinture, sculpture, théâtre, cinéma... Tout m'attire. Mais sur ce blog, je ne vais pas m'étaler dans tout les domaines. A la place, je compte rédiger un blog de lecture, qui fasse le compte rendu de ce que j'ai lu, de ce que j'ai aimé ou non, avec des commentaires détaillés, des conseils, des livres du même genre...
E
t bien sûr, je vous invite à dire à votre tour votre avis sur tel ou tel livre cité dans ces pages.

Mes amitiés
Moo Moo

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Vous avez lu un livre qui vous a particulièrement marqué, que vous avez vraiment aimé -ou vraiment haï-, dont vous avez follement envie de parler et qui n'est pas mentionné ici ?
Vous pouvez très bien résoudre ce problème en faisant par vous-même l'article. S'il correspond aux critères de qualité du blog, il sera publié, et bien sûr, je vous remercierais chaleureusement pour votre soutien.

Il faut une description de l'histoire alléchante, suivie d'un commentaire personnel sur le livre, le style de l'auteur, la structure... Enfin, à la fin de vos articles, comme sur ceux que je rédige, une note, le genre, l'âge minimal que vous conseillez, le public-cible et la maison d'édition ainsi que sa collection.
C'est fait ? Alors envoyez un mail à diane_a_lu@hotmail.fr

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